L'instant mode
LE PRINTEMPS
PAR FABIENNE BERTHET
Le Printemps fête ses 160 ans cette année. Que représente aujourd'hui un grand magasin comme le vôtre ?
Le Printemps est l'un des plus anciens grands magasins de France et l'un des seuls à être resté fidèle à sa vocation originelle : proposer le meilleur de la mode, de la beauté, des accessoires et de l'univers maison dans un même lieu. Ce n'est pas simplement une somme de marques mais bien une expérience globale rendue possible grâce à un véritable savoir-faire. Les tendances changent, les enseignes évoluent mais notre rôle reste identique : dénicher, sélectionner et proposer le meilleur. Plus qu'un grand magasin, le Printemps est un révélateur de styles, de tendances, et de liens.
Comment votre offre est-elle structurée entre les différents magasins de la région ?
Sur nos trois sites, les Terrasses du Port, La Valentine et Miramas, environ 80% de l'offre est commune. Les 20% restants sont pensés en fonction des spécificités locales, des clientèles et des styles de consommation. On peut, par exemple, accueillir de jeunes marques comme Natif, inspirée par l'univers du surf, ou Soraya, une marque de lingerie qui incarne bien cette nouvelle lingerie pensée pour les trentenaires, plus slow, naturelle et confortable.
Côté beauté, quelles sont les tendances du moment ?
On assiste à un vrai tournant. Le soin prend le pas sur le maquillage. Le minimalisme et l'efficacité priment : les consommatrices veulent des produits simples, sans chimie superflue, avec des compositions irréprochables. La cosmétique coréenne explose : on a lancé il y a quelques mois un corner au Green Market des Terrasses du Port qui a connu un succès immédiat. On note aussi un engouement pour le soin du cheveu avec des produits naturels, sans silicone, comme ceux de Simbiotic, une petite marque française qu'on suit de près et le retour à des gestes authentiques, comme les 50 coups de brosse du soir. Ce sont des rituels que nos équipes ont plaisir à transmettre.
Et en mode et accessoires ?
On sent un vrai désir d'authenticité avec la recherche de matières naturelles comme la soie, le lin ou le coton bio et des vêtements durables que l'on peut adapter et transmettre. Le luxe ultra-visible n'est plus ce que recherchent nos clientes. Elles veulent mettre du sens dans leur garde-robe. En maroquinerie, c'est aussi le cas : les marques qui progressent le plus sont celles qui ont un très bon rapport qualité-prix avec un design identifiable sans être tapageur. Le produit ne doit pas se démoder et être solide pour durer dans le temps. Aujourd'hui on est à l'opposé du jetable.
À l'ère du digital, comment soignez-vous l'expérience client dans vos magasins ?
C'est un point fondamental. On se déplace au Printemps pour acheter un produit mais aussi pour être accompagné. Nos équipes sont stables et formées. Nous avons un faible turn-over. Certaines personnes sont là depuis l'ouverture des Terrasses du Port, il y a 11 ans. Que ce soit en joaillerie, en maroquinerie ou en soin, on forme nos vendeurs à chaque saison pour qu'ils puissent expliquer et transmettre. Le conseil personnalisé est un marqueur fort pour nous.
Vous êtes un partenaire privilégié du Cercle. Quel lien entretenez-vous avec le club ?
Nous travaillons depuis plusieurs années avec Le Cercle des Nageurs. C'est un partenariat vivant : on participe aux événements, on organise des défilés, on invite les membres à découvrir nos nouveautés en avant-première. Ce partenariat s'est fait très naturellement puisque le Printemps, comme le Cercle, font partie de la vie marseillaise. À titre personnel, je suis très attachée à ce lieu : j'y nage régulièrement, surtout de septembre à juin. Une demi-heure le matin, avant de commencer la journée, ça m'oxygène la tête. Et depuis deux ans, je découvre aussi le water-polo, un sport intense, technique et passionnant. C'est une fierté pour la ville que ce club centenaire soit toujours aussi dynamique.














