Conversations

MARION CASTELLI

Sables émouvants

ELLE A GRANDI SUR LE SABLE DES CATALANS, BALLON ENTRE LES MAINS. ANCIENNE VOLLEYEUSE PROFESSIONNELLE, MARION CASTELLI PRÉSIDE AUJOURD’HUI SON LÉGENDAIRE CLUB DE VOLLEY-BALL. DÉTENTRICE DE 13 TITRES DU TOURNOI INTERNATIONAL DES CATALANS, ELLE INCARNE LA PASSION DE LA TRANSMISSION ET L’ATTACHEMENT INDÉFECTIBLE À UNE PLAGE DEVENUE MYTHIQUE.
PAR VIRGINIE D’HUMIÈRES
Photo Antonin Grenier

Tu es ancienne volleyeuse professionnelle et présidente du club de Volley-Ball des Catalans. Comment est née ta passion pour ce sport ?

Je suis née dans une famille de volleyeurs et j'ai appris à marcher sur le sable des Catalans. C'était écrit ! Mais bien que passionnée par le beach-volley, j'ai commencé par pratiquer le volley en salle, qui offrait plus d'opportunités de carrière à l'époque. À 14 ans, j'ai quitté Marseille pour rejoindre l'INSEP, à Paris. J'ai joué au sein des pôles Espoir puis France. Malgré tout mon objectif a toujours été de revenir sur le sable et lorsque le pôle France de beach-volley a été crée à Toulouse en 2004, je l'ai rejoint immédiatement. Avec cette équipe, j'ai décroché un titre de vice-championne du monde U21, première médaille française dans la discipline. Malheureusement on manquait d'équipements pour rivaliser avec les grandes nations du beach-volley. Aujourd'hui, les choses évoluent, on commence à rattraper notre retard et l'équipe de France a fait une très belle performance aux Jeux de Paris. Tant mieux, car c'est un sport incroyablement complet. Jouer sur le sable permet de développer de belles qualités physiques et techniques, ainsi qu'une intelligence de jeu. 

Pourquoi le sport tient-il une si grande place dans ton histoire personnelle ?

Parce qu'il est, selon moi, une source d'équilibre. Je crois que chaque enfant peut s'épanouir dans une pratique sportive, encore faut-il trouver la bonne. Lorsqu'on la découvre, les émotions qu'elle procure sont uniques. Les plus intenses de ma vie sont liées à ma carrière sportive. Le sport, c'est aussi une formidable école de rigueur. Se sentir bien dans son corps permet de se dépasser, dans la vie comme au travail. Un ancien athlète de haut niveau apporte une réelle valeur ajoutée dans le monde professionnel : il sait se fixer des objectifs, mobiliser toutes ses ressources pour les atteindre et incarner des valeurs de volonté et de dépassement de soi. 

Quelle est l'histoire du Club de Volley-Ball des Catalans ?

L'association est née en 1949. C'est parti d'une poignée de nageurs du Cercle qui prenaient une balle et des filets pour descendre jouer sur la plage. Puis ça s'est structuré petit à petit jusqu'à devenir le Club de Volley-Ball des Catalans. Notre singularité réside dans la pratique du 3 contre 3 - que l'on nomme "volley de plage" - et non du traditionnel 2 contre 2 du beach-volley. Nous avons 240 adhérents et notre école de formation réunit 140 adhérents, dont 60 enfants, et affiche complet toute l'année. Depuis le Covid, la demande est telle que nous tenons une liste d'attente. Nous sommes aussi les organisateurs du tournoi international de volley-ball des Catalans, qui en est déjà à sa 75e édition. C'est un tournoi unique en son genre, qui attire les meilleures équipes européennes et internationales chaque été. C'est un superbe spectacle, qui demande de grandes qualités physiques : ça saute haut et on ne s'ennuie pas ! En 2026, on vous attend les 10-11 et 12 juillet. 

Photo Benjamin G. S.

Qu'est-ce qui explique, selon toi, le succès remporté par le club ?

La recette tient en deux ingrédients : un sport de plein air dans un cadre mythique. Peu de villes au monde possèdent une plage située en plein centre-ville, et celle des Catalans a la particularité de proposer un sable d'une qualité incroyable. Avec tous mes voyages, j'ai pu collectionner et comparer les textures : celui des Catalans est, à mes yeux, l'égal de Copacabana à Rio. Fin, doux, agréable... il offre une expérience de jeu incomparable.

Quels liens existe-t-il entre le Cercle et le club de Volley-Ball des Catalans ?

On entretien des relations étroites et on s'entraide beaucoup. C'est d'abord lié à l'histoire du club et à notre proximité géographique. Sur nos 240 licenciés, 40 sont également adhérents du CNM. Mon père est également vice-président des deux associations de Monique, épouse de Paul Leccia et ancienne internationale de volley-ball, est elle aussi, tout comme son mari, très attachée au CVBC. Il y a aussi plusieurs anciens nageurs du Cercle qui sont devenus de très bons joueurs de volley, comme les frères Bussière, Théo et Maxime. 

Le Cercle est très intergénérationnel. Observes-tu aussi, au sein de votre club, des échanges entre les plus âgés et les plus jeunes ?

Nous sommes aussi un club attaché à ce principe. J'ai beaucoup appris des anciens et je tiens à perpétuer cette transmission. Elle nourrit les deux générations. Chaque mois de mai, nous organisons d'ailleurs un tournoi intergénérationnel où chaque équipe doit réunir un joueur de plus de 50 ans et un autre de moins de 16 ans. Le rendez-vous a beaucoup de succès. Les plus âgés entretiennent leur forme, les plus jeunes acquièrent de l'expérience, et il arrive même de voir trois générations d'une même famille réunies sur le sable. 

Est-ce que votre club prend, comme le Cercle, part à des projets associatifs ?

Oui, bien sûr. Nous participons évidemment au nettoyage de la plage des Catalans, notre terrain de jeu. Lors du tournoi international, nous réservons un stand à la Ligue contre le cancer afin de sensibiliser le public aux dangers du soleil. Nos terrains sont également mis à disposition des marins-pompiers, gendarmes et militaires. Enfin, nous travaillons avec les établissements scolaires du quartier - écoles, collèges, lycées - pour leur permettre d'accéder à nos installations. Nous souhaitons ouvrir le club au plus grand nombre, habitants du quartier comme de la ville. 

Tu connais le Cercle des Nageurs par coeur. Qu'est-ce qui, pour toi, le distingue des autres clubs sportifs ?

C'est ce sentiment d'appartenance au club. Je crois qu'on ressent tous de la fierté à arborer le logo du CNM, que ce soit sur un t-shirt, un maillot ou un peignoir. J'aime aussi ce mélange entre les sportifs de haut niveau et les adhérents qui viennent nager de manière plus occasionnelle. Enfin il y a ce cadre magique, avec ce rocher qui se jette dans la mer... Un décor unique au monde. 

FB : CLUB DE VOLLEY-BALL DES CATALANS

 INSTA : @CLUB_VOLLEY_BALL_DES_CATALANS